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Ce topo, il devrait vous prendre environ 10 minutes à lire. Mais nous, avant de vous l'envoyer, on a passé une centaine d'heures à éplucher des études, à lire des bouquins et à rencontrer des spécialistes. Un énorme boulot qui est possible grâce au partenaire qui a bien voulu nous accompagner dans cette démarche, tout en nous laissant une complète liberté éditoriale : American Express. C'est grâce à American Express que chaque topo voit le jour, puis que nous pouvons ensuite prolonger la réflexion lors de nos soirées Tables Hautes. Pour en savoir plus sur les cartes American Express, cliquez ici ou sur le bouton ci-dessous.

Les mécaniques de l'Amour

Pourquoi on rame tous ?

"A la Saint-Valentin : fais le point". L'approche du 14 février, ça nous paraissait le bon moment pour s'attaquer à un gros, gros morceau : l'Amour. Le but des Topos, c’est d’utiliser des théories scientifiques pour essayer d’éclaircir quelques grands problèmes de la vie de tous les jours. Et, comment dire… l’amour, c’est quand même un truc qui revient souvent, non ?

Temps de lecture : environ 20 min



Aujourd’hui, on est dans une grande galerie. C’est un peu comme la grande galerie de l’évolution, sauf qu’à la place des dinosaures et des animaux empaillés, il y a des portraits de grandes figures amoureuses. Bienvenue dans La Grande Galerie de l’Amour.

Dans ce genre d’endroit, on commence souvent avec les pièces qui en jettent le plus, histoire d’impressionner les visiteurs dès leur arrivée. Ici, à la place du T-rex ou autres grands prédateurs, il y a les grands séducteurs.
 

Après le hall d’entrée, on traverse plein de salles différentes : la salle des amours tragiques, la salle des amours libres, celle des amours rock’n’roll et celle des amours impossibles... Puis, finalement, on parvient à une salle un peu à l’écart. C’est une pièce basse de plafond, pas très bien éclairée. Peu de visiteurs arrivent jusque là, d’ailleurs. Mais ceux-là peuvent y voir ce portrait :
 
Joanne Woodward et Paul Newman

Paul Newman, une star hollywoodienne qui est resté fidèle à sa femme pendant toute sa carrière et jusqu’à sa mort - de 1958 à 2008. Et pourtant, ce n'était pas vraiment les propositions qui lui manquaient…

Casanova, Paul Newman : à eux deux, ils pourraient illustrer les deux visions de l’amour qu’on oppose traditionnellement :
 

On aurait :
-à gauche, un idéal don juanesque, qui consiste à multiplier les expériences et les relations,
-à droite, un idéal romantique, qui consiste à n’aimer qu’une seule personne.

Selon les gens, ou selon les moments, on se reconnaît plutôt d’un côté… ou de l’autre. Parfois aussi, on hésite entre les deux. Quand les journalistes demandaient à Paul Newman s’il avait déjà été infidèle, il répondait :
 

C’est vrai, quoi : pourquoi aurait-on envie d'être infidèle ? Et d'ailleurs, on pourrait aussi se poser la question inverse : finalement, qu'est-ce qui nous pousse à être fidèle ?

Quand on parle de l’amour, il y a plein de concepts qu’on prend souvent tels quels. Là, on a voulu repartir du début. Pourquoi est-ce que c’est aussi compliqué, l'amour ?

La réponse est (presque) au bout de cet article. 


I / POURQUOI A-T-ON DEUX VISIONS DE L’AMOUR ?

On va commencer par un chiffre pas romantique du tout.
 

Ce chiffre, c’était, en 2014, la part de la bande passante mondiale qui était utilisée par le porno.

Ça fait beaucoup, non, pour un truc pas très productif ? Ce qui est intéressant, c’est que cette fascination pour la pornographie renvoie à une des plus grandes spécificités de l’être humain par rapport au monde animal.

Nous, les humains, on fait l’amour pour s’amuser.  



1 - L’ère de la promiscuité  
 
  • Au départ, les êtres vivants s’accouplent uniquement pour se reproduire...
 
La promiscuité, c'est assez simple à résumer : ça veut dire que tout le monde couche avec tout le monde. Et c'est une situation qu'on retrouve assez souvent dans le monde animal... et notamment dans un truc qu'on vous balance en exclusivité : le prequel de Bambi

Ça se passe dans une forêt nord-américaine, par une nuit claire d’automne. C’est la saison des amours. Les étoiles scintillent, et les rayons de lune dessinent à travers les feuillages de fines arabesques qui...
 

Ah, oui… ce bruit, c’était le fameux brame du cerf (en vrai, ça donne ça) : le cri par lequel le cerf essaie d’attirer à lui les femelles. Parce que pendant la saison des amours, le cerf est très, très excité. Pas à cause du contexte, aussi romantique soit-il : la lune, le feuillage, tout ça, il s’en carre un peu, notre papa Bambi. En revanche, il sait qu’entre la fin de l’été et le début de l’automne, les biches sont fertiles. Et ça, ça le rend chaud bouillant.
 
Chez les humains, ça ne se passe pas exactement pareil...

Chez les animaux, l’excitation sexuelle est directement liée à la possibilité de la reproduction. Que ce soit par des signaux visuels ou olfactifs, les animaux savent signifier de manière très claire qu'ils sont en phase de fertilité. Et c’est ce qui provoque l’accouplement.

 
  • … alors que les humains, eux, s’accouplent pour le plaisir

Et nous alors ? Qu’est-ce qui nous prend de faire l’amour à tout bout de champ ? La première réponse peut paraître assez simple…
 
Comme dirait Herbert Léonard.

Mais dire ça, ça ne suffit pas. Qu’est-ce qui, dans l’évolution de notre espèce, a abouti à cette caractéristique ? Pourquoi prend-on plaisir aux relations sexuelles indépendamment de leur fonction reproductive ?


- Les trois caractéristiques de la sexualité humaine

Pour répondre à cette question, aujourd’hui, on est ravis de pouvoir vous parler d'un de nos auteurs préférés : Jared Diamond un chercheur pluri-disciplinaire qui est à la fois anthropologue, historien, linguiste, ornithologue, biologiste moléculaire, épidémiologiste et géographe...
 
Bref, un mec assez polyvalent.

Il a écrit plein de bouquins géniaux, dont Why is sex fun - Pourquoi l’amour est un plaisir, en français - dans lequel il s'intéresse aux spécificités des relations sexuelles humaines. Et pour lui, elles possèdent trois caractéristiques principales qui nous distinguent des animaux (bonobos mis à part) :

-l’ovulation cachée : les femmes n’ont aucun moyen évident de connaître leur période de fertilité,
-la réceptivité sexuelle permanente,
-le plaisir comme moteur principal de l’acte sexuel,

Et ces trois facteurs ont profondément influencé le développement de notre espèce.


-L’influence de la sexualité sur l’organisation sociale

Revenons aux hommes préhistoriques qu’on avait déjà croisés pour la Théorie du Restaurant : il y a Zsfggv, la femme, et autour d’elle, pas mal de mecs, dont Grkkp.
 

De temps en temps, après une côtelette au coin du feu, Zsfggv et Grkkp s’accouplent. Mais parfois, Zsfggv partage sa “peau de bête” (i.e. : son lit) avec d'autres. Pareil pour Grkkp. Puis, un jour, Zsfggv donne naissance à un enfant.

Pour Zsfggv, il n’y a pas de doute : elle vient d'accoucher et cet enfant, c’est le sien. Pour le père, en revanche… c'est plus compliqué. Aucun des hommes préhistoriques ne peut savoir lequel d’entre eux s’est accouplé avec Zsfggv au moment où elle était fertile.

Le problème, c’est que les nouveaux-nés humains sont particulièrement fragiles à la naissance. Pour survivre, ils ont besoin une mère, OK, mais aussi d'un père... voire même de plusieurs. C'est ce que Jared Diamond appelle la théorie des pères multiples : dans les premières sociétés, tout le monde s’accouplait avec tout le monde pour augmenter les chances de reproduction. Et les hommes, incapables de savoir de qui ils étaient père, adoptaient tous les enfants de la tribu.

Dans la théorie des pères multiples, le désir sexuel a soudé les communautés autour des enfants à élever et favorisé l’accroissement de la population. En gros : c'est pulsion don juanesque à volonté pour tout le monde.
 

Mais ensuite ? A quel moment passe-t-on du modèle des pères multiples à celui du père unique ? Qu'est ce qui a bien pu se passer dans la tête du premier couple pour qu'ils décident de se mettre ensemble ? 

En fait, la différence entre la promiscuité et la monogamie, c’est la même que celle qu'il y a entre un film pornographique et un film d’auteur un peu hot : c’est l’histoire.



2 - Le passage à la monogamie  
 
  • La naissance des sentiments

Love Is All Around me”, comme ils disent si bien dans Quatre Mariages et Un Enterrement. Et c’est particulièrement vrai pour la pop music : ce site génial a analysé les paroles de plus d’un million de chansons de pop. Devinez quel mot revient le plus souvent ?
 
Bah oui, c'est...

Tout ça sans parler du cinéma, des romans ou de la presse people… Les histoires d’amour, chez les humains, c’est carrément une obsession. Mais pourquoi ?

En Europe, quand on pense aux origines de l’amour, on imagine souvent un troubadour en train de pousser la chansonnette sous le balcon d’une jolie princesse. Ça, c’est l’amour courtois : un modèle qui consiste, en gros, à draguer une meuf en vantant ses qualités de la manière la plus artistique possible. Né vers le XIIème siècle, l’amour courtois a pris au fil du temps des formes assez diverses :
 

Pourtant, les premières traces écrites d’histoires d’amour remontent à beaucoup, beaucoup plus loin : c’était vers 2000 avant J.C.,  avec les premiers chants d’amour égyptiens.
 
Les contes de Sésostris et Nefertiti - 2000 avant J.C.

Après l’Egypte, ça a été au tour de la Grèce Antique.
 
Hélène de Troie et Pâris dans l'Iliade d'Homère - 850 avant J.C.

Pourquoi est-ce qu’on raconte tout ça ? Parce qu'aussi loin qu’on remonte dans les traces de la culture humaine, l’amour est au centre de toutes nos histoires. Et ce n’est pas un hasard : l’amour, ça tient précisément à la capacité humaine à se raconter une histoire.
 
  • La chimie de l’attachement

Se raconter une histoire, ce n’est pas juste inventer des contes ou des légendes : c’est une caractéristique fondamentale du cerveau humain qui consiste à sortir de sa propre expérience pour se projeter dans un univers hypothétique.

Dans La Théorie du Restaurant, on avait expliqué que l’évolution avait regroupé des individus doté d’un “cerveau sociable”. Pour s’adapter à la vie en communauté, il leur fallait être capables de déchiffrer et de gérer des émotions complexes. Comme, par exemple, celles que Grkkp éprouve pour Zsfggv :
 

Pour répondre à ces interrogations et à ces questions, Grkkp va imaginer des situations, se projeter dans des possibilités. Il va se raconter des histoires. En faisant ça, Grkkp va ré-activer un processus cérébral qu’on a tous déjà connu à un moment. Ce processus, c’est celui qui, quand on est tout petit, génère la relation d’attachement entre un nourrisson et sa mère. Et pour comprendre ce mécanisme, il faut rentrer là-dedans :
 

Le lien qui unit un enfant à sa mère se crée très rapidement après la naissance. Cela grâce à une hormone spécifique : l’ocytocine, qu’on appelle aussi l’hormone de l’attachement.
 
Et il suffit de la voir pour comprendre que c'est une hormone très complexe...

Le partage d'expériences commune entre le nourrison et la mère déclenche la secrétion de l'ocytocine - et forme ainsi ce lien chimique d'attachement. Or, comme le montre par exemple ce chercheur dans La Chimie des sentiments, le sentiment amoureux active le même mécanisme que celui de l’attachement mère-enfant...


Pour résumer : l’évolution psychologique a détourné le mécanisme attachement mère-enfant pour créer le sentiment amoureux - ou aussi dite la pulsion Paul Newman. Mais pour autant, elle n'a pas fait disparaître la pulsion Don Juan - qui incite, elle, à la multiplication des partenaires sexuels.

Gérer ces deux pulsions parallèlement, ça peut être très, très compliqué. Sauf qu’aujourd’hui, on est particulièrement gourmand.

On aimerait bien avoir les deux en même temps.


II - POURQUOI ON NE VEUT PLUS CHOISIR

Vouloir tout en même temps… Aujourd’hui, ça peut être jouable. Mais ça n’a pas toujours été le cas.

Prenons par exemple Yvonne et Roger. Ils pourraient être vos grands parents, ou les nôtres.
 

Là, c’est eux le soir où ils se sont rencontrés :
 

A l’époque, Yvonne et Roger habitaient dans un petit village du Gers. Un soir d’été, ils se sont croisés au bal. Yvonne avait 18 ans, c’était sa première soirée dansante. A force de tours de valses et de verres de vin, Yvonne s’est un peu laissée aller. La nuit s’est terminée dans une botte de foin à l’écart du village. Elle est tombée enceinte et, trois mois plus tard... Yvonne et Roger se sont mariés.

Cette histoire peut paraître terriblement glauque : devoir épouser un homme après une soirée un peu arrosée, aujourd’hui, ça paraît juste impensable. Mais il n’y a encore pas très longtemps, c’était juste une histoire d’amour classique.

Il faut dire que depuis les années 50, il y a eu quelques changements.


1 - Le nouveau contexte amoureux  
  • Le dating online et la multiplication des possibilités

Avoir le choix de son partenaire, avant, c'était assez rare. Il y avait plein de raisons pour lesquelles on pouvait se voir imposer un conjoint : préserver un lignage, transmettre un patrimoine, officialiser une grossesse… Quant aux pulsions de multiplication des partenaires, pendant longtemps, la société n’y a pas été super favorable.

Depuis l’époque de nos grands-parents, il y a eu 2-3 changements :
 

La généralisation des applications de dating a vraiment changé la donne. Aziz Ansari, acteur et scénariste de la géniale série Master of None, a bossé avec un professeur de Stanford pour écrire Modern Romance. On y trouve notamment ce graphe :
 

Entre 1995 et 2010, les applications de dating sont devenues le troisième vecteur de rencontres des couples, juste derrière les potes et les bars/restaurants. Et ce qui augmente aussi, c’est le nombre de partenaires...
 

Pour le moment, aucune étude ne permet de quantifier ça précisément, mais on a tous suffisamment de témoignages autour de nous pour réaliser que les sites et applis de dating ont révolutionné la vie amoureuse de pas mal de gens. Révolutionné, OK. Mais pas forcément en bien...  

 
  • Le paradoxe du choix

La première conséquence, des applis de dating, c’est ça :
 

En gros, ces applis ont rendu immédiatement visible et accessible le stock de célibataires autour de soi.
 
Et elles ont aussi ringardisé ce dicton :

Maintenant, il est devenu hyper facile d’identifier les célibataires disponibles autour de soi. Et même : de tomber directement sur quelqu’un qui correspond pile poil à nos préférences. En soi, ça pourrait être une bonne chose. En général, avant de faire un choix, il vaut toujours mieux expérimenter ses options...

Mais toujours dans Modern Romance, Aziz Ansari explique qu’il existe un paradoxe du choix : en réalité, plus on a d’options possibles, et plus on augmente notre niveau d’exigence.

Plus on a le choix, et plus on est difficile.
 

Cet embarras du choix, il a une conséquence : il nous incite à survaloriser les relations de court terme.



2 - L'illusion de la passion 
  • La passion est forcément éphémère

Ces trois histoires-là, vous en avez forcément déjà entendu parler :
 

Leur point commun ? Ce sont trois histoires de passion amoureuse. Vous savez, cet état complètement dingue dans lequel on se sent prêt à mourir pour l'autre. Et c’est effectivement ce qui se passe dans ces trois histoires.

C’est beau, non ?

Non ?

Si notre culture a retenu ces trois histoires comme des exemples mythiques, c’est parce qu’ils sont morts au sommet de leur relation - soit juste avant que la passion ne retombe. Ben ouais… laissez vivre Tristan et Roméo quelques mois de plus, et on passe en mode “et ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants”. Tout de suite beaucoup moins mythique...  

En fait, l’amour passion correspond à un mécanisme biologique qui est par définition temporaire. Il n'est pas fait pour durer.

C’est ce que montre notamment Helen Fisher, LA neuroscientifique spécialiste du cerveau amoureux, dans cette conférence TED. Dans une de ses expériences, elle a voulu comprendre comment fonctionne le cerveau “passionné”. Le principe ? Elle présentait à des "amoureux" des photos neutres, puis des photos de l’être aimé. Elle comparait ensuite les réactions du cerveau devant chacune.
 

Le résultat, c'est que devant une photo de quelqu’un dont on est amoureux, la zone qui s’active est l’aire de la récompense - c'est à dire celle qui gère des émotions telles que le désir, la motivation, et la volonté. Ce qui est dingue, c’est que cette aire du cerveau est aussi celle qui est activée par les drogues, et notamment par la cocaïne.
 
 
Cette zone est également responsable de la secrétion de la dopamine : une hormone qui nous rend enthousiastes, motivés, et focalisés sur un objet unique (en un mot : amoureux). Plus le sentiment est neuf, plus le niveau de dopamine sécrété est élevé. Et plus le temps passe, plus il diminue...
 
  • Privilégier la passion, c’est s’enfermer dans une vision court-termiste
 
Voir la passion diminuer : ça, ça peut être très dur. Voire même inadmissible. Sauf que la diminution de la passion étant mécanique, le seul moyen d’y échapper, c’est de se lancer dans des nouvelles relations. Voilà à quoi ressemblerait la courbe d’un mec qui refuserait de descendre sous un certain niveau de passion :
 
Cette courbe, c’est exactement celle d’une addiction : on multiplie “les prises” pour essayer de se maintenir à un niveau de passion qui, par définition, est intenable... Cette fuite en avant, elle peut être vraiment dommage. Parce que l'évolution normale d'une relation, quand on lui laisse sa chance, ça ressemble à ça : 
 
A partir d'un certain moment, l'amour-passion est relayé par l’amour-raison.

 
3 - L’attachement, ou l’amour qui se construit
 
  • On peut tomber amoureux de n'importe qui
 
On ne sait pas si vous le saviez… mais on peut vraiment tomber amoureux de n’importe qui.

Dans les années 90, le psychologue américain Arthur Aron a réussi à faire tomber deux personnes amoureuses l’une de l’autre en laboratoire … Pour ça, il leur a simplement fait suivre un guide de conversation - les 36 questions pour tomber amoureux.

Quand on y pense, c’est un peu ce qui est arrivé à Yvonne et Roger, nos deux petits vieux du Gers. Au départ, leur histoire ne s’annonçait pas spécialement bien barrée : c’était un peu deux inconnus enfermés dans une relation - en l'occurrence, à cause de la grossesse d'Yvonne. Mais en fait, ils sont plutôt bien tombés. Ils ont eu des enfants, puis des petits-enfants. Et aujourd’hui, ils sont toujours ensemble.

La courbe de leur relation, elle a fait ça :
 

Elle a augmenté avec le temps

Ça, c’est lié à l’hormone dont on parlait dans la première partie : l’ocytocine, ou hormone de l’attachement. Cette hormone, il y a deux manières de la générer :
1 - par l’orgasme. D’où l’importance d’être un partenaire toujours extrêmement attentif, 
2 - en partageant des expériences positives, en vivant des histoires avec une personne… bref, en devenant intime avec l'autre.

 
  • Il faut être soi-même en amour  

Devenir intime avec quelqu'un. Ça veut dire quoi ? L'intimité, c'est ce stade où on n'a plus peur d'être jugé par l'autre. Où l'on peut être soi-même sans tricher. Dit comme ça, ça paraît simple. Et pourtant : les phases d'amour-passion ou les phases de drague sur les applis de dating sont typiquement des moments où l'on ment - ou, tout du moins, on "enjolive". Et c'est aussi un des facteurs qui fait que l'amour-passion ne peut pas durer : il se fonde sur des images biaisées que se renvoient les deux partenaires. Autrement dit, sur le bluff de la drague.

Dire que l'amour-passion est condamné, ça pourrait avoir l'air badant. Mais vraiment pas, au contraire. Tout ce qu'on dit, c'est qu'il est impossible de fonder une relation stable et épanouissante sur un sentiment voué à disparaître... et souvent basé sur des faux-semblants. 

Construire l'amour-raison, c'est à la fois plus simple... et plus flippant : il faut oser être soi-même, sans cacher ni ses limites, ni ses faiblesses. Mais ça ne veut pas dire qu'il faut être complaisant et se laisser aller. Au contraire. L'amour-raison, il s'entretient. Il faut continuer à se surprendre, à avoir des projets, à vivre de nouvelles expériences ensemble. Et ne surtout pas juger l'amour-raison selon les critères de l'amour-passion.
 
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Voilà donc un dernier résumé : 

-l'évolution de la psychologie humaine a détourné le mécanisme attachement mère-enfant vers l'être aimé,
-l'amour-passion est une forme quasi-pathologique de l'amour, qui mobilise les mêmes mécanismes cérébraux que les drogues,
-il est condamné à court terme et doit servir de tremplin à l'amour-raison qui lui, en revanche, s'entretient dans le temps.

Parce que c'est quoi, ce qu'on cherche vraiment ? Bah on est tous pareil, non ? C'est un truc qui dure et dans lequel on puisse être soi-même. 

Le plus grand risque en amour ? C'est de construire.  
 


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D'accord ? Pas d'accord ? Dites-le nous ! On a ouvert les commentaires spécialement pour ça, et on serait ravis d'en discuter. Ça se passe juste là, en bas.

Et si vous avez des idées de sujets, ou envie de bosser avec nous, comme d'hab' : on a toujours besoin de coups de main. Alors écrivez-nous.

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